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Đà Nẵng

Đà Nẵng est la grande ville moderne du centre, célèbre pour ses longues plages et son Pont d'or tenu par deux mains géantes. À côté se dressent les montagnes de Marbre, criblées de grottes et de sanctuaires.

Đà Nẵng

Imaginez-vous au petit matin sur une longue plage de sable clair, le pied dans une eau tiède, le regard glissant vers une chaîne de montagnes vertes qui plonge dans la mer. Derrière vous, des tours de verre montent vers le ciel, et un fleuve calme, la rivière Hàn (« sông Hàn »), traverse la ville avant de rejoindre le Pacifique. Bienvenue à Đà Nẵng (prononcez à peu près « da nang »), la grande métropole du centre du Vietnam (miền Trung), une ville qui a le rare talent d'être à la fois moderne et douce, urbaine et balnéaire, tournée vers l'avenir sans avoir oublié ses montagnes sacrées. Ni tout à fait Hà Nội au nord, ni tout à fait Sài Gòn au sud, Đà Nẵng est la troisième grande ville du pays, et sans doute la plus facile à vivre.

Une ville entre mer et montagne

Đà Nẵng occupe une position magnifique : elle est adossée aux reliefs et ouverte sur la mer de l'Est (Biển Đông, la mer que les cartes occidentales appellent mer de Chine méridionale). Cette géographie fait tout le charme de la ville. En quelques minutes, on passe des gratte-ciel au sable, du sable à la forêt.

Le cœur de la vie quotidienne bat autour de la rivière Hàn, enjambée par une série de ponts spectaculaires. Le soir, les berges s'illuminent, les familles viennent marcher, les vendeurs ambulants poussent leurs chariots de fruits découpés et de brochettes grillées dont l'odeur de citronnelle et de charbon flotte dans l'air chaud.

Đà Nẵng a la réputation, chez les Vietnamiens eux-mêmes, d'être une ville propre, aérée et bien organisée, avec de larges avenues et un rythme plus paisible que les deux mégapoles du pays. Beaucoup en parlent comme d'un endroit où l'on respire. Le mot biển (« bienn ») — la mer — revient sans cesse dans les conversations : on va « au biển » comme on irait au parc.

Mỹ Khê, la plage sans fin

S'il y a une image qui colle à Đà Nẵng, c'est celle de ses plages. La plus célèbre s'appelle Mỹ Khê (« mi khé »), une immense bande de sable qui s'étire sur des kilomètres le long de la ville. L'eau y est chaude une grande partie de l'année, les vagues assez douces pour la baignade et parfois assez généreuses pour le surf.

Au lever du soleil, la plage s'anime d'une vie très vietnamienne : des groupes font de la gymnastique, des nageurs entrent dans l'eau avant la chaleur, des pêcheurs poussent à la mer leurs petites barques rondes en bambou tressé, les fameux thúng (« toung »), ces paniers-bateaux typiques du centre du pays qui ressemblent à de grands bols flottants. Plus tard dans la journée, on s'installe sous les parasols, on commande des fruits de mer — crevettes, calmars, coquillages grillés — et une bière servie avec un grand verre de glace.

La côte se prolonge par d'autres plages et, au loin, par la péninsule de Sơn Trà (bán đảo Sơn Trà), une montagne boisée qui avance dans la mer. On l'appelle parfois affectueusement « la montagne aux singes » car des primates y vivent encore, dont une espèce rare de langur. Du sommet, la vue sur la baie et la ville est saisissante.

Le Pont d'or, deux mains tendues vers le ciel

À quelques dizaines de kilomètres de la ville, dans les hauteurs fraîches de Bà Nà Hills, se trouve l'image qui a fait le tour du monde : le Pont d'or (Cầu Vàng, « kôou vang », littéralement « le pont doré »). Ce n'est pas un pont ordinaire. Il semble porté, soulevé, par deux immenses mains de pierre patinées et couvertes de mousse, comme si un géant endormi dans la montagne tendait ses paumes pour soutenir une passerelle dorée au-dessus du vide.

L'effet est théâtral, presque irréel. On marche à flanc de montagne, souvent dans la brume, entouré de nuages qui montent des vallées, et le ruban doré du pont ondule entre les mains géantes. C'est une œuvre récente, pensée pour émerveiller, et elle y parvient : le Pont d'or est devenu l'une des cartes postales les plus reconnaissables du Vietnam contemporain.

Le site de Bà Nà Hills est perché en altitude, ce qui lui vaut un climat frais très apprécié quand la plaine étouffe de chaleur. On y monte par un téléphérique qui grimpe au-dessus de la forêt tropicale. Là-haut, on trouve tout un domaine construit dans un style qui évoque un village de montagne européen, une survivance de l'époque où les Français cherchaient l'air frais des hauteurs. Kitsch pour les uns, féerique pour les autres, l'endroit ne laisse personne indifférent.

Ngũ Hành Sơn, les montagnes de Marbre

Au sud de la plage, cinq collines de pierre surgissent brusquement de la plaine sablonneuse. Ce sont les montagnes de Marbre, en vietnamien Ngũ Hành Sơn (« ngou hang seunn »), un nom d'une grande beauté qui signifie « les montagnes des Cinq Éléments ». Chacune des cinq collines porte en effet le nom d'un des éléments de la cosmologie extrême-orientale : le métal (Kim), le bois (Mộc), l'eau (Thủy), le feu (Hỏa) et la terre (Thổ).

Ces montagnes ne sont pas seulement belles à regarder : elles sont sacrées. Leurs flancs sont creusés de grottes (hang động) où l'on a installé, au fil des siècles, des sanctuaires bouddhistes. On grimpe des escaliers de pierre usés, on passe sous des arches naturelles, et l'on débouche soudain dans une caverne où un Bouddha de pierre veille dans la pénombre, éclairé par un rai de lumière qui tombe d'une ouverture au plafond. L'odeur d'encens, la fraîcheur humide de la roche, le silence troué par le goutte-à-goutte de l'eau : l'expérience est profondément recueillie.

Autour des montagnes, tout un quartier vit encore du travail du marbre et de la pierre. On y voit les artisans sculpter des Bouddhas, des animaux, des divinités, dans un vacarme de meuleuses et un nuage de poussière blanche. C'est un savoir-faire transmis de génération en génération.

Le pont du Dragon qui crache le feu

De retour en ville, un dernier spectacle attend le visiteur : le pont du Dragon (Cầu Rồng, « kôou zong »). C'est un pont routier, mais son tablier est habillé d'un immense dragon doré et ondulant qui semble nager au-dessus de la rivière Hàn, la gueule tournée vers la mer.

Le dragon, rồng en vietnamien, n'est pas un simple décor : c'est l'animal fondateur de l'imaginaire national. La légende raconte que les Vietnamiens descendent de l'union d'un roi-dragon et d'une fée ; on se dit volontiers « con Rồng cháu Tiên » (« enfants du Dragon, petits-enfants de la Fée »). Placer un dragon au centre de la ville, c'est donc bien plus qu'un choix esthétique.

Et puis il y a le moment que tout le monde attend : certains soirs de week-end, le dragon crache le feu et l'eau. Une flamme jaillit de sa gueule dans un souffle de chaleur, suivie d'une pluie de vapeur, sous les applaudissements de la foule massée sur les berges. Les enfants crient, les téléphones se lèvent, et pendant quelques minutes la ville tout entière semble retenir son souffle devant son dragon.

À table, entre mer et rue

On ne comprend pas vraiment une ville vietnamienne sans passer à table, et Đà Nẵng a ses trésors bien à elle. Le plus fameux est le mì Quảng (« mi kouang »), un plat de nouilles de riz larges et jaunes, à peine nappées d'un bouillon parfumé au curcuma, garnies de porc, de crevettes, d'herbes fraîches, de cacahuètes concassées et d'un morceau de galette de riz grillée que l'on émiette dessus. C'est le plat-emblème de toute la région du Quảng Nam voisine, et à Đà Nẵng on le mange partout, sur de petits tabourets de plastique, dans un joyeux vacarme.

Autre spécialité : le bánh xèo, une crêpe croustillante de farine de riz teintée de curcuma, garnie de crevettes et de germes de soja, que l'on découpe, enveloppe dans une feuille de salade avec des herbes, puis trempe dans une sauce. Le nom vient du bruit — « xèo ! » — de la pâte qui grésille au contact de la poêle brûlante : une onomatopée devenue nom de plat. Le long de la plage, ce sont les hải sản (les fruits de mer) qui règnent, choisis vivants dans les bassins et grillés minute. Et partout, à toute heure, le cà phê sữa đá (le café glacé au lait concentré) coule, épais et sucré, dans les gobelets embués.

Une base pour explorer le centre

Đà Nẵng est aussi une porte d'entrée idéale vers les trésors voisins. À moins d'une heure au sud, la ravissante vieille ville de Hội An et ses lanternes ; au nord, le fameux col des Nuages (Đèo Hải Vân), une route de montagne vertigineuse qui domine la mer ; un peu plus loin, l'ancienne cité impériale de Huế. Beaucoup de voyageurs installent leur camp de base à Đà Nẵng et rayonnent alentour, profitant le soir de revenir à la plage et aux ponts illuminés.

C'est peut-être là le secret de la ville : elle ne cherche pas à écraser par ses monuments, mais à offrir un art de vivre. Un café glacé au bord du fleuve, une baignade à l'aube, une soupe fumante dans une échoppe, le dragon qui s'embrase dans la nuit. Đà Nẵng se savoure autant qu'elle se visite.

Le vietnamien à retenir

  • Đà Nẵng (da nang) — la grande ville du centre du Vietnam
  • biển (bienn) — la mer
  • bãi biển (baï bienn) — la plage
  • Mỹ Khê (mi khé) — la célèbre plage de Đà Nẵng
  • Cầu Vàng (kôou vang) — le « Pont d'or », le pont aux mains géantes
  • cầu (kôou) — le pont
  • Ngũ Hành Sơn (ngou hang seunn) — les montagnes de Marbre, « les Cinq Éléments »
  • núi (nouï) — la montagne
  • Cầu Rồng (kôou zong) — le pont du Dragon
  • rồng (zong) — le dragon
  • sông Hàn (song hann) — la rivière Hàn, qui traverse la ville
  • miền Trung (mienn troung) — la région du centre du pays

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